Émettre des options put non couvertes (naked put ou short put)

Par Thomas Giraud

|

short put – short puts - featured image
Parmi les stratégies d’options, l’émission d’options put non couvertes (le short put en anglais) fait sans doute partie des stratégies préférées des investisseurs.

Elle offre en effet de nombreux avantages. Tout d’abord, elle a le mérite de la simplicité puisqu’elle consiste à vendre une seule option. Par ailleurs, avec son delta positif, son véga négatif et son thêta positif, elle profite de conditions de marché souvent favorables.

Enfin, en tant que stratégie à risque indéfini, elle offre de multiples opportunités au trader qui veut défendre sa position. Si vous cherchez un courtier pour investir dans les options, cliquez ici.

Short put

Principe de fonctionnement

Le short put est une stratégie qui consiste à vendre une option de vente (un put en anglais) sans le couvrir à l’aide d’un put long (put spread), ni à l’aide d’actions courtes (covered put). Puisqu’on est vendeur, on reçoit un crédit au moment de l’ouverture de la position. Le delta de la position est positif, puisque celle-ci a intérêt à voir le prix du sous-jacent augmenter. En d’autres termes, la stratégie est haussière, comme le montre le graphique performance et le delta (cf. notre cercle rouge) ci-dessous :

short put – short puts - profil position avec delta

Le seuil de rentabilité, c’est-à-dire le niveau du sous-jacent au-dessus duquel on fera un profit à l’échéance, est égal à la différence entre le prix d’exercice et le crédit reçu. Si, comme dans l’exemple ci-dessus, on vend le put de strike 100 et qu’on reçoit un crédit de 4,15 $, le seuil de rentabilité sera égal à :

100 – 4,15 = 95,85 $

Cycle d’expiration

Le trader est libre de choisir le cycle d’expiration qui lui semble le plus approprié. Plus le cycle sera long, plus la valeur temps recueillie à la vente de l’option sera grande. Mais vendre un put dans un cycle long, cela signifie aussi s’exposer longtemps au risque de voir le sous-jacent diminuer et passer sous le prix d’exercice de l’option. Un bon compromis consiste à entrer sur le marché environ 45 jours avant l’échéance. 45 jours, c’est suffisamment long pour pouvoir bénéficier d’une valeur temps importante. C’est aussi suffisamment court pour pouvoir bénéficier d’une érosion rapide de la valeur temps. En effet, cette érosion s’accélère environ 45 jours avant l’échéance pour les options à la monnaie.

Prix d’exercice

À la monnaie

On peut vendre un put à la monnaie pour bénéficier d’un meilleur thêta et d’un meilleur véga. Si on fait ce choix, on vendra alors le put dont le delta sera égal à environ -0,50. Comme le montre l’illustration ci-dessous, il s’agira du put dont le strike sera le plus proche du prix du sous-jacent.

short put – short puts - option à la monnaie

Dans la monnaie

On peut également vendre un put dans la monnaie pour bénéficier d’une meilleure prime. Ce put, dont le strike sera supérieur au prix du sous-jacent (cf. illustration ci-dessous), aura en effet une valeur temps et une valeur intrinsèque. Par opposition aux puts hors de la monnaie, qui n’ont qu’une valeur temps. Mais on se placera dans une situation où on aura probablement besoin d’un mouvement du prix du sous-jacent pour faire un profit. Quand on vend des options, on a intérêt à les voir passer hors de la monnaie ou, du moins, à ne pas voir le sous-jacent passer sous le seuil de rentabilité.

short put – short puts - option dans la monnaie

Hors de la monnaie

On peut enfin vendre un put hors de la monnaie. On recevra un crédit moindre que dans le cas d’un put dans la monnaie ou à la monnaie. Mais on bénéficiera de fortes probabilités de succès. Ce put, dont le delta sera inférieur en valeur absolue à 50 (0,50 si on exprime le delta sous sa forme décimale), aura en effet à peu près autant de chances d’expirer dans la monnaie que la valeur absolue de son delta. En vendant un put de delta 17, comme dans l’exemple ci-dessous, on aura environ 16 % de chances de le voir expirer dans la monnaie, et on aura donc environ 84 % de chances de le voir expirer hors de la monnaie et de faire un profit. Souvenez-vous : quand on vend des options, on a intérêt à les voir rester/passer et expirer hors de la monnaie.

short put – short puts - option hors la monnaie

Avantages du short put

Le short put est une stratégie qui présente de nombreux avantages.

Delta positif

Tout d’abord, lorsqu’on vend un put, on ouvre une position dont le delta est positif. Cela signifie que, à chaque point gagné par le prix du sous-jacent, le prix de la position doit augmenter à raison de la valeur du delta (si toutes les autres variables restent constantes). Cette stratégie haussière est donc tout à fait indiquée si on veut bénéficier de la tendance naturelle des marchés d’actions à être haussier. Dans un backtest que nous avons réalisé, nous avons vendu le put du sous-jacent SPY et de delta 30, et ce de façon continue entre le 1er janvier 2005 et le 27 mai 2022. À chaque fois que nous sommes entrés sur le marché, nous avons choisi le cycle expirant dans environ 45 jours et avons maintenu la position ouverte jusqu’à l’échéance.

short put – short puts - résultats backtest

La stratégie a connu un taux de réussite de 87 %. En matière de profitabilité, le P/L moyen par trade et le P/L moyen par jour ont été positifs. Ce succès de la stratégie dans un sous-jacent qui représente le marché des actions américaines, sur une période où ce marché a été haussier la plupart du temps, montre bien une chose. Le pouvoir du short put lorsque le marché sous-jacent est haussier.

Véga négatif

Lorsqu’on vend un put, on ouvre une position dont le véga est négatif. Cela signifie que, à chaque point de pourcentage cédé par la volatilité implicite, le P/L de la position doit augmenter à raison de la valeur du véga (si toutes les autres variables restent constantes). Cette stratégie est donc tout à fait indiquée si on veut bénéficier de la tendance naturelle de la volatilité implicite à se contracter. Selon certaines études, la volatilité implicite est en contraction 85 % du temps ! Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner le graphique hebdomadaire du VIX, l’indice qui représente la volatilité implicite du S&P 500.

short put – short puts - graphique VIX
Période : avril 2018 – mars 2021

Sur ce graphique, on peut voir que le VIX connaît occasionnellement des envolées. Il reste alors élevé pendant une semaine ou deux, avant de diminuer et de se diriger vers son niveau moyen de environ 19,5 points. En utilisant une stratégie dont le véga est négatif, on se donne donc les moyens de profiter de l’inévitable : une contraction de la volatilité implicite.

Thêta positif

Lorsqu’on vend un put à découvert, on ouvre une position dont le thêta est positif. Cela signifie que, à chaque jour qui passe, le P/L de la position doit augmenter à raison de la valeur du thêta (si toutes les autres variables restent constantes) : 0,11 $ dans l’exemple ci-dessous. Cette stratégie qui profite du passage du temps est tout à fait indiquée si on veut bénéficier d’une forte probabilité de profit. Si, en effet, on vend un put hors de la monnaie, on n’a pas besoin, pour être gagnant, d’un mouvement favorable du sous-jacent, ni de la volatilité implicite. On a seulement besoin de laisser le temps s’écouler et l’érosion de la valeur temps faire son œuvre. Tant que la valeur de l’option n’est constituée que de valeur temps, la position est bien placée pour être gagnante à l’échéance.

short put – short puts - profil position avec thêta

Désavantages du short put

Le désavantage principal du short put, c’est son risque. Lorsqu’on vend un put à découvert, la perte potentielle se calcule comme suit :

Perte potentielle = (strike – crédit) x 100

Dans l’exemple ci-dessous, vous vendez le put Amazon de strike 100 et recevez un crédit de 4,15 $ à l’ouverture de la position. Votre perte potentielle s’élèvera à :

(100 – 4,15) x 100 = 9585 $.

short put – short puts - profil position avec perte potentielle

On voit que le risque que fait courir cette stratégie est élevé. Cela ne signifie pas qu’il faille éviter cette stratégie. Cela signifie qu’il ne faut utiliser le short put que si on maîtrise bien la gestion du risque associé à la vente d’options à découvert.

Gérer son risque

Il appartient à chaque trader de définir les règles de gestion du risque qu’il mettra en œuvre pour gérer ses trades. Nous présentons ici quelques règles couramment utilisées par les traders pour limiter ou réduire leur risque lorsqu’ils vendent un put à découvert. Ces règles ne sont pas les seules qu’on puisse mettre en place, et elles ne sont pas exclusives l’une de l’autre.

Impact marge

L’impact marge d’une position est un bon indicateur du risque que vous fait courir la position. Assurez-vous toujours que le capital requis pour ouvrir la position ne dépasse pas un certain pourcentage de la valeur de votre compte, par exemple 1 %, 3 % ou 5 %. Plus ce pourcentage sera faible, plus vous aurez des chances d’éviter une lourde perte.

Rouler ses positions

Pour réduire le risque que fait courir un short put, on peut rouler la position peu de temps avant l’échéance, par exemple 21 jours avant l’échéance. Pourquoi 21 jours avant l’échéance ? C’est le moment où le gamma de la position tend à augmenter et à accroître le risque directionnel de la position. En roulant ainsi l’option vers un cycle d’expiration plus lointain, on augmente son crédit total et on améliore son seuil de rentabilité. Si on a vendu le put de strike 100, qu’on a reçu initialement un crédit de 1 $ et qu’on reçoit maintenant un crédit supplémentaire de 0,50 $ en roulant la position, on bénéfice d’un seuil de rentabilité qui n’est plus égal à 99 $, mais à :

100 – 1 – 0,50 = 98,50 $

Pour apprendre à rouler vos options comme un pro, consultez notre article sur le sujet.

Déterminer un stop-loss

Pour limiter le risque que fait courir un short put, on peut placer un ordre stop-loss. Si on adopte cette règle, on placera un ordre de rachat dont le prix sera égal à la somme de la prime reçue à la vente du put et de la perte maximale qu’on est prêt à essuyer. Si, par exemple, on a reçu un crédit de 1 $ et qu’on veut limiter sa perte potentielle à deux fois ce montant, on placera un ordre limite dont le prix sera égal à :

1 + (2 x 1) = 3 $.

Grâce à cet ordre stop-loss, on se donnerait les moyens de subir une perte qui, théoriquement, ne dépasserait pas 3 – 1 = 2 $.

Trader les options via LYNX

Vous voulez vendre des puts à découvert ? Négociez sans limites des options sur actions (equity options), des options sur indices (index options) ou des options sur Futures (futures options) et ce, sur toutes les grandes bourses internationales d’options par l’intermédiaire du courtier LYNX, le spécialiste des options.. Découvrez l’offre LYNX en matière de trading d’options :