À tout moment, un trader d’options doit décider s’il privilégie un rendement élevé ou une forte probabilité de gain. Pour trouver le bon équilibre, il est très important d’identifier les opportunités sur le marché et de trader les bonnes options afin de mettre les statistiques de son côté.
 
Que vous soyez un trader d’options misant sur des mouvements de cours clairs (à la hausse ou à la baisse) ou que vous appliquiez des stratégies d’options neutres, indépendantes de la direction du cours de l’actif sous-jacent, vous devez toujours faire des hypothèses avant de prendre une position de trading. Dans le cas des stratégies directionnelles, vous devez procéder à une estimation du cours qu’une action ou un autre sous-jacent peut atteindre dans un certain laps de temps. Dans le cas des stratégies neutres, vous devez estimer les cours que le sous-jacent n’atteindra pas au cours d’une période donnée.
 
Pour vous aider à faire ces hypothèses correctement, vous pouvez utiliser la saisonnalité. Vous avez peut-être déjà lu ou entendu parler de cet adage : “Achetez en novembre et vendez en mai ». Cette idée est également appelée stratégie « Halloween ». Dans cet article, nous examinons s’il est possible de tirer profit de cette stratégie.

Stratégie Halloween : acheter en novembre et vendre en mai

La stratégie Halloween, ce modèle d’investissement sur 6 mois, est d’emblée facile à trader. Vous achetez des actions ou un grand indice boursier le 1er novembre et vendez le tout le 30 avril ou le 1er mai de l’année suivante. L’effort est minime.

La théorie derrière la stratégie Halloween est très simple et part du principe que, statistiquement, les marchés boursiers évoluent généralement à la hausse durant cette période. La raison de ce phénomène n’a pas encore été élucidée. On suppose que les hedge funds ont une influence en raison de mécanismes fiscaux, ou que l’approche de la saison de Noël stimule les marchés dès novembre.

Un coup d’œil sur le passé entre 1991 et 2017 semble confirmer la théorie. Un investissement dans le S&P 500 durant la période mentionnée a produit un rendement moyen de +6,8%, contre +2,1% pour un investissement entre mai et octobre. Entre le 1er novembre 2017 et le 30 avril 2018, ce fut +2,7% de croissance et entre le 1er novembre 2018 et le 30 avril 2019, +7,5%. En revanche, entre novembre 2019 et mai 2020 (avec le krach boursier lié au Covid-19) et entre novembre 2020 et mai 2021 (avec la guerre en Ukraine et une politique monétaire aux Etats-Unis plus restrictive), la stratégie semble avoir perdu de sa validité. Où ne s’agit-il que d’une pause temporaire avant une reprise de l’avantage statistique ?

Si nous ne prenons en compte que le mois de novembre, entre 2009 et 2021, le S&P 500 a clôturé dans 85% des cas à la fin du mois à un niveau supérieur à celui de son ouverture au début du mois. Investir au 1er novembre semble donc, d’un point de vue statistique, être le bon timing.

Augmenter le rendement de +7,5% à +63,8%.

Il est tout à fait acceptable de se contenter d’un rendement moyen de +7% en 6 mois. Toutefois, les options permettraient d’améliorer encore ce résultat sans prendre trop de risques. Les options sont d’excellents instruments de trading lorsqu’il s’agit d’augmenter le rendement et de constituer des filets de sécurité.

Pour trader un marché très large avec la stratégie Halloween, nous envisagerions par exemple le grand indice américain S&P 500. Il est bien sûr possible de conserver des actions individuelles dans le portefeuille entre novembre et mai, mais dans ce cas, il existe un risque lié aux actions individuelles : le marché global peut évoluer à la hausse, tandis que certaines valeurs ne “suivent” pas en raison de problèmes spécifiques à l’entreprise.

Le S&P 500 se trade très bien avec des options sur l’ETF dont le sigle est SPY : Les options sont liquides, ce qui garantit une négociabilité idéale. De plus, il existe pour ce sous-jacent une multitude de prix d’exercice (strikes) et de dates d’expiration.

En tant que stratégie, les bull call spreads conviennent aux positions dans lesquelles le risque doit rester limité. Par exemple, la combinaison d’un call acheté avec un prix d’exercice bas et d’un call vendu (« émis ») avec un prix d’exercice plus élevé (tous deux avec la même date d’expiration) réduit le risque de perte d’environ 50% par rapport à un simple call acheté (comme nous le verrons bientôt avec un exemple).

Dans la première partie de notre article « Vertical spreads : le call spread et le put spread » nous détaillons les mécanismes du bull call spread, appelé parfois vertical call spread. Nous préférons ici le préfixe „bull“, qui décrit sans équivoque une stratégie misant sur la hausse du cours de l’action.

Considérons à titre d’exemple le résultat de la stratégie Halloween pour la période entre novembre 2018 et mai 2019, cette fois-ci avec la perspective d’un trader d’options.

Un voyage dans le temps jusqu’au 1er novembre 2018

Dans le cadre de cette expérience, « transportons-nous » quelques années en arrière. Nous sommes le 1er novembre 2018 et ce jour-là, le SPY clôture à 273,51$.

Tout d’abord, nous avons besoin d’une date cible pour la durée de nos options qui se situe après le 1er mai 2019. Le 21 juin 2019 s’impose (au 1er novembre 2018, il n’existait pas encore d’options sur le SPY dont l’échéance était fixée à mai 2019).

Il nous faut ensuite un cours cible. Nous faisons ici l’hypothèse (exacte) que le SPY allait augmenter d’environ 7,5% jusqu’au 1er mai 2019. Cette hausse conduit le SPY à un cours d’environ 294$. Le prix d’exercice du call émis devait donc être proche de ce cours, car c’est à ce cours que le bull call spread fournit le bénéfice maximal. Un prix d’exercice plus bas est choisi pour le call acheté.

Le call avec un prix d’exercice de 294$ et une échéance au 21 juin 2019 a pu être vendu le 1er novembre 2018 à 5,47$. Le call avec la même date d’expiration et avec un prix d’exercice de 289$ a pu être acheté à 7,68$. Le bull call spread en tant que combinaison d’options a coûté en conséquence (7,68$ – 5,47$) x 100 = 221$ (taille du contrat : 100). Le spread est donc beaucoup moins cher que le call avec un prix d’exercice de 294$, qui valait à lui seul 547$.

La structure du bull call spread est résumée comme suit :

  • Short call avec prix d’exercice 294$ et échéance 21 juin 2019 à 5,47$.
  • Long call avec prix d’exercice 289$ et échéance 21 juin 2019 à 7,68$.
  • Coût de la combinaison : 221$ par contrat

Où se situaient les options le 30 avril 2019, lorsque la combinaison d’options a été clôturée ? Le SPY notait à 294,02 $ ce jour-là. Le call acheté avec un prix d’exercice de 289$ valait 9,14$ à cette date. Le call émis avec un prix d’exercice de 294$ valait 5,52$. La valeur du bull call spread au 30 avril 2019 était donc de (9,14$ – 5,52$) x 100 = 362$. Cela correspond à un bénéfice de +63,8% par rapport au prix d’achat de 221$.

Résumons les trois variantes d’investissement :

  • L’acheteur d’actions a gagné +7,5% avec un simple investissement dans le S&P 500.
  • Celui qui achète un call avec un prix d’exercice de 294$ aurait gagné (5,52$ – 5,47$) x 100 = 5$, un rendement très faible de 0,9%.
  • L’acheteur du bull call spread aurait gagné (3,62$ – 2,21$) x 100 = 141$, soit un rendement de +63,8%.
  • Dans ce contexte, le risque de l’acheteur du bull call spread était nettement inférieur au risque de l’acheteur du call : avec le bull call spread, le risque maximal de perte était de 221$. Avec le call simple au prix d’exercice de 294$, le risque de perte maximal s’élevait à 552$.

« Retour vers le futur » : négocier la même stratégie aujourd’hui

Supposons que nous souhaitions négocier la stratégie Halloween de manière similaire pour la période allant du 1er novembre 2022 au 1er mai 2023.

Nous avons d’abord besoin d’une date cible pour l’échéance des options. Une date d’expiration après le 1er mai 2023 est appropriée, par exemple le 16 juin 2023 (au moment de la rédaction de cet article, il n’existe pas encore d’options sur le SPY avec une échéance en mai 2023).

Ensuite, il nous faut un cours cible. Nous faisons ici l’hypothèse un peu plus conservative que le SPY augmentera d’environ 4% jusqu’au 1er mai 2023. Cette hausse amènerait le SPY à un cours d’environ 398$. Le prix d’exercice du call émis devrait donc être proche de ce cours, car c’est à ce cours que le bull call spread livre le bénéfice maximal. Le call acheté aura un prix d’exercice plus bas.

Un call avec une date d’expiration au 16 juin 2023 avec un prix d’exercice de 398$ pourrait être vendu au moment de la rédaction de cet article à un cours moyen de 27,12$. Le long call avec un prix d’exercice de 393$ pourrait être acheté à un cours moyen de 29,69$.

Le bull call spread en tant que combinaison d’options nous coûterait donc (29,69$ – 27,12$) x 100 = 257$ (taille du contrat : 100). La combinaison est beaucoup moins chère que si nous n’achetions que le call avec un prix d’exercice de 398$ à 2.712$. Les 257$ de capital investi représentent également le risque de perte maximale pour ce trade.

Le graphique de performance de cette combinaison d’options peut être représenté comme suit :

A droite du graphique de performance, vous pouvez voir le gain maximum possible à l’échéance du 16 juin 2023. Comme la position doit être clôturée par anticipation le 1er mai 2023, ce gain n’est qu’une valeur indicative.

Ce bénéfice maximal correspond à la différence entre les prix d’exercice moins le montant payé pour la combinaison d’options : (398$ – 393$) x 100 – 257$ = 243$ (sur le côté gauche de l’image supérieure, vous trouverez des valeurs différentes car la plateforme de trading considère un cours d’achat pour la combinaison d’options différent du cours moyen que nous visons). Ce gain maximal sera réalisé si le SPY cote au-dessus de 398$ à la date d’expiration. Si c’est déjà le cas le 1er mai 2023, nous devrions être très proches de ce bénéfice maximal.

Le rendement maximal du bull call spread serait donc : 243$ / 257$ = 94,6%. Mais attention, il ne s’agit que d’une valeur théorique. Si le SPY n’évolue pas comme prévu, nous risquons évidemment de perdre notre mise, éventuellement dans sa totalité.

Conclusion : profiter avec un effet de levier grâce à un modèle saisonnier plausible

La stratégie d’options présentée ici montre une fois de plus que vous pouvez profiter de l’évolution de la valeur des actions avec un effet de levier grâce aux options, sans prendre de risques excessifs. Certaines stratégies d’options sont néanmoins à écarter : L’achat d’un simple call pour profiter d’un mouvement haussier du marché est coûteux par rapport à un bull call spread et offre peu de chances de succès, car l’érosion de la valeur temps de l’option joue contre nous (beaucoup moins dans le cadre d’un bull call spread).

Si vous combinez des options avec des stratégie du type Halloween, qui vous donnent un avantage statistique, vous avez de bonnes chances de réussir à long terme dans le trading boursier.

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