Saudi Aramco IPO : la plus grande société pétrolière a fait son entrée en bourse

Saudi Aramco a fait son IPO, ou entrée en bourse, en décembre 2019.

Les experts parlent de la plus grande entrée en bourse de tous les temps. L’introduction en bourse (IPO) de Saudi Aramco avait déjà été reportée depuis plusieurs années. Il aura donc fallu attendre jusqu’en décembre dernier pour que la société saoudienne franchisse le pas.

Que fait cette société ? Pourquoi est-elle entrée en bourse et qui sont les investisseurs ? Quelles sont les opportunités à saisir ?

Les sujets suivants sont abordés dans cet article à l’IPO Saudi Aramco :

Saudi Aramco IPO

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L’action Saudi Aramco en bourse : que fait l’entreprise ?

Saudi Aramco est la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbure. La société produit près de 12 millions de barils de pétrole par jour, ce qui lui permet d’être le plus grand pétrolier de la planète et l’entreprise la plus rentable au monde. Ses réserves sont estimées à 260 milliards de barils, ce qui représente environ un quart des réserves mondiales. Dans les conditions actuelles, le pays pourrait encore vivre de ses réserves pendant 90 ans au moins. À ce jour,  85 % des champs pétroliers du pays n’ont pas encore été exploités. Il va de soi que le pays consomme son propre pétrole, mais la plus grande partie est destinée à l’export sous forme de pétrole brut. Son marché principal est l’Extrême-Orient qui lui achète près de 65 % du pétrole produit.

Quelle présence dans le monde ?

Dans le monde entier, ce sont approximativement 100 millions de barils de pétrole qui  sont extraits chaque jour. Plus de 17 millions de ces barils sont remplis aux États-Unis. Les États-Unis ont donc dépassé l’Arabie saoudite dans le classement des plus grands producteurs de pétrole au monde. Aux États-Unis, il existe des dizaines de sociétés qui produisent du pétrole. En tant que compagnie nationale, Saudi Aramco contrôle la quasi-totalité de la production d’Arabie saoudite. En 2018, l’entreprise a généré un bénéfice de 111 milliards de dollars, le plus élevé au monde. La société a des activités dans le secteur en amont, le secteur intermédiaire et le secteur en aval.

Selon le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, la valeur de la société s’élève au moins à 2.000 milliards $. Les connaisseurs du marché quant à eux l’estiment à près de 1.500 milliards $. Quelle que soit sa véritable valeur, la société affiche la plus importante valorisation boursière du monde. À titre comparatif : jusqu’à ce jour, Apple était la société (cotée en bourse) la plus valorisée au monde avec une valeur de 1.100 milliards $.

L’histoire de Saudi Aramco

Aramco est un acronyme de Arabian American Oil Company. Que le nom de la compagnie fasse référence au pays de l’oncle Sam peut vous paraître fou vu qu’il s’agit d’une compagnie nationale du Moyen-Orient. Pour bien comprendre notre sujet, nous effectuons un retour en arrière de plus d’un siècle et résumons la situation comme suit. Entre 1870 et 1911, la Standard Oil Company, une société américaine, est alors la plus grande société pétrolière au monde. John D. Rockefeller pousse la société vers des sommets en la transformant en un véritable géant de cette industrie. La société devient rapidement une des premières multinationales au monde.

À la fin du 19e siècle, le gouvernement américain tente de contrer le développement de ces trusts pour stimuler la concurrence entre les entreprises en adoptant différentes lois antitrust. En 1911, la société est scindée en 34 entreprises. Aramco voit le jour en 1933 à la suite d’un accord de concession avec la Standard Oil Company of California (Socal). La société signe à l’époque un contrat avec le roi d’Arabie saoudite, Ibn Séoud.

Les évolutions de la prospection et l’exploitation

Ce contrat vise la prospection et l’exploitation du pétrole dans le pays. La Socal dépense alors une fortune pour acquérir les droits exclusifs de prospection et d’exploitation du pétrole dans un territoire de 420.000 km² pendant une période 60 ans. Ce n’est qu’après cinq ans que les américains y découvrent du pétrole. Les années qui suivent, le désert situé au Moyen-Orient se révèle être particulièrement riche en pétrole. En 1948, le plus grand gisement pétrolier est découvert à Ghawar. Les Saoudiens se rendent dès lors compte qu’ils sont en train de passer à côté du pactole qui est empoché par les Américains.

En 1950, l’Arabie Saoudite décide d’introduire une taxe sur les revenus du pétrole, taxe alors déductible aux USA. Un accord de partage des bénéficies nets à 50-50 est ensuite signé entre les États-Unis et l’Arabie saoudite. Après un long processus de pourparlers, le gouvernement saoudien procède à la nationalisation complète de l’entreprise. En 1988, la société est finalement rebaptisée Saudi Aramco.

L’IPO de Saudi Aramco : pourquoi ?

Le pétrole est donc une source de richesse énorme pour l’Arabie saoudite. Le pays dispose désormais d’un vaste réseau de pipelines qui relient les champs de pétrole et de gaz aux raffineries et aux différents ports. La principale pipeline est l’oléoduc Est-Ouest qui relie l’est du pays au port de Yanbu sur la Mer rouge. Le pipeline est long de  1.200 kilomètres et sa capacité de transport peut atteindre 5 millions de barils par jour. Saudi Aramco est un véritable mastodonte du secteur pétrolier. La société représente 45 % du produit intérieur brut du pays.

Le pétrole représente également 87 % des revenus de la monarchie et 90 % de l’export. L’introduction en bourse, ou IPO de Saudi Aramco est donc loin d’être le fruit du hasard. Le niveau bas du prix du pétrole a fait baisser les revenus du pays au cours de ces dernières années. Le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane, n’a donc pas d’autres choix que de réorienter l’économie du pays. C’est dans ce contexte qu’un plan a été établi pour sortir le pays de sa dépendance à l’industrie du pétrole dès 2030. La privatisation partielle de la compagnie devrait permettre de générer des revenus qui seraient réinvestis dans d’autres secteurs économiques.

L’Arabie Saoudite a-t-elle réellement besoin d’argent ?

Le graphique ci-dessous illustre le bilan du budget saoudien. À partir de 2014, les déficits engendrés à cause de la baisse du prix du pétrole ont atteint des sommets. En effet, les revenus de l’État saoudien étaient à l’époque bien inférieurs à ses dépenses. En 2016, le prix du pétrole tombait à son plus bas niveau à 26 $ par baril, ce qui s’est traduit par un trou important dans le budget de la pétromonarchie. Dès lors, les autorités saoudiennes ont entrepris diverses réformes socio-économiques afin de stimuler la croissance économique. Le graphique ci-dessous illustre clairement la nécessité de l’introduction en bourse, ou IPO, de Saudi Aramco. Dans un premier temps, l’objectif de cette privation est de  5 % des parts de la compagnie mais il n’est pas à exclure que d’autres actions soient mises à disposition des investisseurs à l’avenir.

Vision 2030

Le plan 2030 porté par Ben Salmane, vise notamment l’augmentation de la contribution du secteur privé au PIB de 40 % à 65 %, la mise en place d’une industrie qui permettrait d’assurer une bonne partie des besoins militaires et la multiplication des revenus non pétroliers comme ceux issus de matières premières telles que l’or, le cuivre et l’uranium.  Le plan préconise également de miser sur les énergies renouvelables et sur le développement de zones destinées au tourisme logistique et au secteur financier.

L’année dernière, le Royaume a annoncé l’élargissement de ses règles en matière de délivrance de visas, ouvrant ainsi ses portes aux citoyens de 49 pays. Soulignons également les pas en avant qui ont été faits par l’Arabie saoudite avec le premier match de lutte féminine organisé dans ce pays en novembre dernier et la récente autorisation des femmes à conduire. La famille royale semble bel et bien déterminée à instaurer diverses réformes progressistes. Selon Amnesty International, l’Arabie saoudite se sert surtout des droits de femmes pour redorer son blason et faire les yeux doux aux investisseurs étrangers.

Les investisseurs et l’évaluation de l’action Saudi Aramco

La compagnie était jusqu’alors entre les mains de l’État saoudien. Avant l’IPO de Saudi Aramco, il existait des divergences quant à la valeur de l’entreprise. Celles-ci variaient de 1.400 à 2.000 milliards $. Jusqu’au dernier moment, des doutes subsistaient quant à l’apport réeel de l’IPO Saudi Aramco. Aujourd’hui, plus de 200.000.000.000 actions seraient déjà en circulation (source fr.investing.com). Finalement, Aramco a mis en vente 1,5 % de son capital. Même si son flottant de titres en circulation est l’un des plus faibles au monde, il s’agit de la plus grosse introduction en bourse de l’histoire.

Le 12 décembre 2019, l’IPO de Saudi Aramco a battu le record absolu de la plus grande introduction en bourse jamais enregistrée. Le record jusqu’ici avait été signé par Alibaba qui, en 2015, avait levé pas moins de 25 milliards $ à Wall Street.

Saudi Aramco IPO

Les investisseurs ont eu l’occasion de s’inscrire à l’IPO Saudi Aramco. Ce sont des millions d’actionnaires dont des citoyens et des résidents saoudiens qui ont investi dans la société. En effet, pour eux, acquérir des parts de la société est quelque peu considéré comme un devoir patriotique. Les investisseurs particuliers saoudiens et d’autres pays du Golfe ont désormais 0,5 % des actions entre leurs mains. En revanche, les deux tiers restants ont été réservés aux investisseurs institutionnels et autres institutions soutenues par la Russie, la Chine et Abu Dhabi. Les investisseurs européens n’étaient pas invités à adhérer à l’IPO Saudi Aramco.

L’action Saudi Aramco est cotée sur le Tadawul, l’indice de la bourse d’Arabie saoudite. Malheureusement, cette bourse n’est pas aisément accessible pour les investisseurs étrangers. Les parties étrangères autorisées doivent avoir un actif sous gestion d’au moins  5 milliards de dollars et au moins 5 ans d’expérience dans le domaine des placements. Afin de booster la popularité de l’Arabie saoudite et de faire gonfler l’action Saudi Aramco, il n’est pas impensable qu’à terme, la société soit également cotée aux USA par exemple. Une nouvelle IPO Saudi Aramco pourrait donc voir le jour.

La position financière de Saudi Aramco

Selon Saudi Aramco, la demande de pétrole devrait provisoirement poursuivre sa croissance dans le monde entier malgré l’émergence des véhicules électriques par exemple. La société s’attend à ce que la croissance de pétrole des pays en voie de développement compense les effets de la baisse de la demande due à la transition énergétique. Pourtant, la société lance un avertissement quant à différents risques dans son prospectus. En effet, l’évolution du bénéfice de la société dépend fortement des fluctuations des prix du pétrole et du gaz. De plus, les guerres et les conflits sont également des contrariétés auxquelles il faut faire face. L’année dernière, des installations pétrolières de Saudi ont été touchées par une attaque de drones, ce qui a rendu impossible le fonctionnement à pleine capacité de la société pendant plusieurs semaines.

Comme c’est toujours le cas pour les sociétés pétrolières, la hauteur du bénéfice dépend fortement des prix de l’énergie. Les comptes annuels ci-dessous présentent un bénéfice net approximatif de 111 milliards $ pour 2018. En 2016, le bénéfice s’élevait encore à 15 milliards $ et en 2017, le bénéfice était de 75 milliards $. Le bénéfice semble s’envoler considérablement. Pourtant, les investisseurs ne font pas vraiment preuve d’enthousiasme quant à un éventuel investissement dans la plus grande société pétrolière au monde. Je vous explique pourquoi ci-dessous.

Source : Financial Statement – Saudi Aramco

L’action de Saudi Aramco : valorisation

De nombreuses sociétés pétrolières américaines ou d’ailleurs ont une valorisation similaire ou inférieure. Ces sociétés sont plus transparentes et sont considérablement moins risquées.  À première vue, un investissement dans la Royal Dutch Shell ou Chevron paraît donc bien plus intéressant. Pour ce dividende plus sûr de l’action Shell, vous ne payez que 12 fois le bénéfice. De plus, la société néerlandaise se concentre à fond sur des fragments énergétiques alternatifs tandis que Saudi Aramco dépend quasi entièrement du pétrole. En effet, seule une petite partie de ses activités dépend du gaz. Pensez aussi à une société comme LUKoil, ce géant de l’or noir russe. Pour cette entreprise, vous payez moins de 7 fois le bénéfice de 2018.

Saudi Aramco essaie donc de faire les yeux doux aux investisseurs avec un dividende attractif. La société a promis d’octroyer des dividendes pour un montant de 75 milliards $ en 2020.

Les concurrents de Saudi Aramco

L’industrie pétrolière est une des plus grandes industries au monde. Vu qu’il est possible de trouver du pétrole dans de nombreux endroits dans le monde, il est tout à fait logique que de nombreuses sociétés soient actives dans le secteur. Un prix du pétrole plus élevé est bien évidemment à l’avantage de ces sociétés. L’Arabie Saoudite possède peut-être les plus grandes réserves de pétrole au monde, qui, au passage, sont les plus rentables, mais il n’empêche qu’elle doit quand même se méfier de la concurrence. Il existe en effet suffisamment de concurrence pour trouver une alternative comme investissement dans le secteur pétrolier.

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Chrislain Tshiamanga

Chrislain Tshiamanga

Expert financier

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